Hier soir, je serais bien resté dans les rues de Paris, sur les Champs-Elysées, à me laisser bercer par la musique qui deux heures durant m’avait emporté, transporté.

C’était la première fois que je voyais Raphaël en concert. Quelques années plus tôt, je m’étais refusé à aller le voir à Bercy, trop grand, trop impersonnel, pas la bonne salle pour le voir.

Cette fois, au théâtre Marigny, sur les Champs-Élysées, je n’ai pas hésité une seconde. Je connaissais la salle pour avoir assisté le 26 décembre 2007 au concert de Jean-Michel Jarre qui fêtait les 30 ans d’Oxygène. Étonnant pour quelqu’un qui a l’habitude de spectacles sons et lumières en plein air, devant les Pyramides d’Égypte ou sur la place Tian’anmen. Mais cette proximité m’avait plu.

C’est cette proximité que Raphaël recherchait, quelque chose d’intimiste. Et pour le coup l’acoustique s’y prête bien.

Raphael - Acoustique - Théâtre Marigny
Raphaël

Seul sur scène avec pour seuls instruments ses guitares, son piano, son harmonica, sa boite rythmique et plein de petits instruments aux sonorités étranges qui l’accompagnent quand il revisite ses chansons, des plus anciennes comme Cela nous aurait suffit aux plus récentes Je sais que la terre est plate. Sans oublier les “classiques”, celles qui l’ont fait connaître et reconnaître : Caravane, Sur la Route, Chanson pour Patrick Dewaere, Le Vent de l’Hiver, Ne Partons pas fâchés, Schengen … et cerise sur le gâteau, de nouveaux titres de son prochain album à sortir dans 5 mois. Et, à ceux qui pensent que Raphaël est un chanteur à midinettes, avec des chansons gnangnan, le prochain album promet d’être bien rock, révolté, énervé comme il le dit lui même.

Dans un de ses nouveaux morceaux, Les Français sont désolants, c’est un vrai coup de gueule contre la France, les Français, la société. On y retrouve un semblant de Renaud, celui des années 80, celui qui chantait encore de sa voix éraillée et cassée, qui pestait contre l’Hexagone, celui dont la voix et les chansons à texte (me) manquent cruellement.

J’y ai aussi vu un côté Saez dans cette chanson comme dans quelques autres. Pour le texte, la manière de chanter. Il avait prévenu “Désolé, j’étais énervé le jour où j’ai écrit cette chanson”. Humour pince sans rire. Ici ou là entre ses morceaux, il livrait quelques anecdotes, parlait de sa “nana”, l’actrice Mélanie Thierry, sans jamais la nommer, parlait de son fils et de son premier mot “Didier” dont seul Nagui, assis à côté de moi (Assis juste à côté de moi, Pierre Lescure devant, Atmen Kelif derrière, autant dire que j’étais bien entouré hier soir), semblait comprendre la private joke.

Et si le concert était en acoustique, il n’en était pas moins électrique, tel cette chanson Lettre pour le Terminal B.

Ou encore la Ville des Mendiants :

La Ville des Mendiants – Raphaël

Enfin, Raphaël a fait hier quelques reprises, celle de Bashung à qui il rendit hommage avec “Osez Joséphine”, celle de David Bowie Modern Love ou encore Neil Young et son My My Hey hey sorti à une époque où le rock sombrait.

Modern Love – Raphaël

Le concert s’est fini sur non pas une mais deux standing ovations, la première à la fin du concert sur “Sur La Route”, la seconde après un rappel de plusieurs chansons. Autant dire qu’il n’a pas été avare, qu’il ne s’est pas contenté de faire 90 minutes syndicales, sinon bien plus.

Alors oui, hier soir, je ne voulais pas rentrer. Je voulais continuer cette balade, continuer à laisser filer les émotions qui m’avaient parcouru tout le long du show. Je suis resté un peu sur les Champs, juste là, comme ça, à observer, à écouter.

J’attends impatiemment qu’il sorte l’album de son concert acoustique d’hier soir, en attendant le nouvel.

Pour la petite musique, difficile de faire un choix, alors je vous mets celle qui ouvra le concert :

Raphaël – Je sais que la terre est plate