Levuka - Old Capital of Fiji - Fiji
Mon amie ne s’était pas trompée. Le temps semble s’être arrêté à Levuka, ancienne capitale des Fidji et classée patrimoine mondial par l’UNESCO.

Il m’aura fallu la journée pour y arriver. Je suis parti très tôt vendredi 13 au matin de Nadi. Un car relie Nadi à Suva, l’actuelle capitale, depuis un hôtel voisin au mien. Toutefois n’ayant pas fait de réservation, il ne s’y est pas arrêté ce jour. Il ne me reste plus alors qu’à rejoindre le centre de Nadi pour y prendre un bus classique. Un taxi m’y dépose, en ayant pris soin de m’arracher quelques dollars de plus que ce que l’on avait convenu au départ. Classique.

Nadi - Fiji

Finalement ce fut une bonne chose de louper le car de l’hôtel. Ce dernier aurait surement était rempli de touristes et aurait filé d’une traite jusqu’à la destination finale. Le mien sera bondé de locaux. Je dépareille, seul « touriste » au milieu des Fidjiens et Indo-Fidjiens. Petite parenthèse : le terme « fidjien » désigne la population autochtone, alors que le second désigne les habitants des Fidji originaires d’Inde. Cette distinction n’est pas anodine. Pour ceux qui ne le sauraient pas, les Fidji connaissent actuellement quelques troubles politiques, et ce, en fait depuis un coup d’Etat à la fin des années 80. Voyant la population indo-fidjienne prendre de plus en plus de poids, et par là même le contrôle politique du pays, un putsch eu lieu pour rendre le pouvoir aux « vrais » Fidjiens. De là s’en est suivi d’autres coups et la question de savoir comment appeler les habitants des îles Fidji s’est posée. Le terme générique de « Fidjiens » a été proposé mais cela a évidemment suscité le mécontentement des Fidjiens. Pour satisfaire tout le monde, « Fiji Islanders » a été retenue pour dénommer au sens large les habitants des îles Fidji. Mais la distinction Fidjiens/Indo-Fidjiens persiste. Les seconds sont surtout sur l’île principale dans les grandes villes de Nadi et Suva. Pour finir le côté historico-politique de la parenthèse, les îles Fidji ont été exclues récemment du Commonwealth pour ne pas avoir tenu d’élections démocratiques depuis 2006. Elles auraient du avoir lieu cette année, en 2009, mais ont été repoussées. 1

Nadi - Fiji

Me voilà donc dans mon bus pour quelques 4 heures d’un trajet de seulement 160 km. Nous longeons la Coral Coast au sud de l’île et arrivons après quelques arrêts à Suva. Je pensais au départ peut être y faire un arrêt pour la nuit, histoire d’aller me balader, de visiter, mais la ville et les premières impressions qu’elle me donne m’en dissuadent et je cherche alors le ferry pour Levuka sur une île plus à l’Est. Voyant les porte-conteneurs, je cherche naïvement un bateau, mais n’en voit aucun. Je me demande alors si le transport ne se ferait pas par l’un de ses cargos dans le port. Un peu perdu je demande mon chemin à un passant. Il faut en fait à nouveau prendre un bus qui amène au ferry. Le passant très sympa m’amène à l’arrêt et « me confie » à une famille fidjienne dont la mère s’apprête à rejoindre Levuka. Ils s’occuperont de moi jusqu’à ma montée dans le car. Et toujours avec le sourire.

Nadi - Fiji

Le trajet sera bien plus long que ce que je pensais, si bien qu’au bout d’un moment je me demande si je ne me suis pas planté. Je ressasse dans ma tête la conversation avec les Fidjiens : « Levuka, Old Capital, Ferry Boat… » Non il n’y a pas de raisons que je me sois trompé. Le bus marque un arrêt. L’occasion pour moi d’apercevoir la mère fidjienne dans le premier bus. N’ayant plus de place dans celui-ci, il m’avait fallu attendre quelques minutes pour prendre le second. Je suis rassuré. Je suis sur le bon chemin.

Presque deux heures plus tard, nous voilà arrivés au fameux ferry. Pour ceux qui ont déjà pris le ferry, oubliez les grandes infrastructures, passerelles, terminal… ici, il n’y a qu’une digue le long de laquelle le ferry, qu’on attendra bien une heure, accoste et ouvre le bout de son nez pour y faire débarquer et embarquer ses voitures, bus, camions et piétons. En attendant que le ferry arrive, je discute avec une Fidjienne, bien plus chargée que moi. C’est dire. Oui j’ai toujours cette valise encombrante de 25kg qui souffre beaucoup depuis quelques jours. Et l’absence de trottoir et/ou route goudronnée ne la ménage guère.

Bref je lie contact avec cette Fidjienne et sa cousine, ou nièce. Je les retrouve dans le ferry autour d’un café et de quelques biscuits. Biscuits qu’elle a acheté mais dont j’ai bien du manger la moitié du paquet, après qu’elle n’ait pas arrêté de m’en proposer, me disant qu’il fallait finir. 😉

Nous parlons, de tout et de rien, du film diffusé à l’avant du bateau et dont on n’entend pas les paroles, de l’acteur (Clive Owen), et même de la série « Ghost Whisperer » qu’elle a l’air de suivre. Je suis surpris. Surpris qu’elle connaisse. ^^ On parle voyage, du mien, des gens rencontrés en chemin, de ces amitiés qui se lient en l’espace de quelques jours, de ses voyages à elle dans les îles Fidji…

On en vient à parler église après que je lui ai demandé s’il existait des codes à respecter dans les églises fidjiennes. Souhaitant assister à une messe dimanche je ne voudrais pas commettre d’impair. On parle religion, de la foi, de son importance aux Fidji, des différentes églises et de leur nombre. Au moins une dans chaque village. Et sur la route j’ai en effet pu le constater. Débarqués du ferry, elle me montre des maisons, des abris de fortune parfois, qui sont en fait des églises.

Arrivé sur cette île, l’atmosphère n’est pas tout à fait la même. Tout a l’air plus calme. Plus propre aussi. Les habitations moins précaires. Elle descend. Nous sommes arrivés à son village. A un moment de la conversation j’ai cru qu’elle m’invitait chez elle ce soir et que demain j’irai à l’hôtel de la ville. En fait non. J’ai pas tout saisi. Elle ne parlait pas fort et avec le bruit des vitres du bus qui claquaient, ce n’était pas toujours très audible. Je me suis imaginé quelques instants dans « J’irai dormir chez vous ». Mais non, ce sera l’hôtel pour moi, quelques minutes plus tard. Me voilà arrivé à Levuka. Il est 19h passé. Je suis parti ce matin à 7h30.

A suivre…

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