Autant le dire tout de suite : je suis déçu. Cela devait être un moment fort, quelque chose qu’on ne fait pas tous les jours. Toutes les conditions étaient réunies. Il faisait beau ce matin, malgré quelques nuages. J’avais passé une bonne demi heure à écouter les consignes sur comment enfiler ma tenue, la même qu’utilisent les soldats de l’US Air Force, la NASA ou encore l’armée néo-zélandaise.
Une combinaison tout à fait étanche. Seule l’eau avoisinant les 8°C aurait pu me refroidir. Mais même pas. Je suis chaud pour le faire. J’avais fait ma réservation quelques jours auparavant, après que chacun des deux compatriotes présents dans l’auberge me raconte sa propre expérience et me donne envie de le faire à mon tour : nager avec le dauphins.

Habituellement, je ne suis pas fan des bateaux transportant masse de touristes pour approcher la faune locale, ici dauphins ou baleines. Ainsi par exemple, trois ans plus tôt à Tadussac, Québec, c’est par kayak que nous avions pris le large pour approcher les bélugas (baleines blanches) évitant ainsi de polluer par notre unique présence les fonds marins.

Hector Dolphins - Akaroa - Banks Peninsula  - New Zealand

Outre l’aspect non écologique du déplacement, le fait de payer pour voir, de suivre la masse n’est pas ma tasse de thé. Je préfère l’approche naturelle. Là c’était, quelque peu, différent. J’allais me retrouver dans l’eau, à nager avec les dauphins Hector. Ce sont les plus petits dauphins au monde. A l’âge adulte ils ne mesurent pas plus de 1.5 m. Cette espèce, une des plus rares, est en voie de disparition : on n’en dénombre aujourd’hui pas plus de 7 500. Et ce, uniquement en Nouvelle-Zélande, et principalement à Akaroa.

Une fois tout équipés, nous sommes montés dans le bateau nous emmenant au large des côtes de la péninsule de Banks.

Hector Dolphins - Akaroa - Banks Peninsula  - New Zealand

A peine partis, nous apercevons l’aileron dorsal d’un dauphin. Quelques minutes plus tard, une fois sortis des eaux de la péninsule, c’est tout un banc de dauphin qui pointent le bout de leur nez, à la poursuite d’un bateau de pêche. Il est assez rare, parole du guide, d’en voir autant en même temps. Je profite de l’instant. Je les mitraille. Certains passent tout près. C’est beau.

C’était pour la partie positive de l’excursion.

Hector Dolphins - Akaroa - Banks Peninsula  - New Zealand

On ne peut pas s’arrêter là pour nager avec eux. Pour la simple et bonne raison qu’ils gardent le rythme vers leur repas, qu’ils ne s’arrêtent pas pour jouer. Le bateau prend une autre route à la recherche d’autres dauphins plus dans le mood pour divertir les touristes que nous sommes. Peine perdue. Nous ne mettrons pas un pied dans l’eau. La combinaison étanche n’aura servi à rien. Je l’avais senti assez tôt qu’on rentrerait bredouille. Je suis désappointé. Vraiment. J’avais très envie d’aller me baigner parmi les dauphins, de les laisser s’approcher, de tourner autour de moi, de les observer (pas de contact).

Sur le chemin du retour, je ne regarde qu’à peine les otaries à fourrure que nous croisons. Je n’écoute plus le guide. Des otaries j’en ai déjà vu plein jusqu’à lors. Je veux rentrer et derusher mes photos. En passant évidemment par la case Refund. Maigre compensation, on a le droit à un petit remboursement de 50 dollars sur les 125 avancés pour ne pas s’être baignés (75% du montant si nous n’avions vu aucun dauphin). Une partie de la somme déboursée est redistribuée à un fonds pour la protection des animaux marins. Une réserve marine a d’ailleurs été récemment créée à cet effet.

Mon Grand Bleu attendra…next time !

Les quelques autres photos sur Flickr.