Matauri Bay - New Zealand 003Fin d’après midi d’une journée pluvieuse. En France, cela aurait été synonyme d’un après-midi télé sous la couette. On a rendez-vous à Mangonui avec Garreth, un surfeur que Simon a rencontré un mois auparavant au cours d’une sortie surf.

Cable Bay est trop calme. Direction Taupo Bay, spot réputé pour surfeurs. 17h. Le ciel est gris et bas, une brume se forme aux pieds des pitons volcaniques qui plongent dans la baie. Si calme. L’impression d’assister à la scène finale de Point Break.

Personne sur la plage. Quelques points noirs telles des fourmis équipées de planches blanches flottent dans l’eau.

Tout vêtu de noir à mon tour et ma planche reliée à mon pied droit, je rejoins mes acolytes déjà prêts à affronter les vagues. C’est une bonne journée pour apprendre le surf me dit-on. La première des difficultés pour moi est de franchir ces murs d’eau qui se forment sans cesse et me renvoient trois mètres derrière à chaque fois.

Une fois les premiers rouleaux d’eau passés, je m’allonge sur ma planche, ma tête pas trop loin du nez de celle-ci, mais pas trop près non plus. Je suis prêt. Dos au large, je me retourne et attends la vague qui ne tarde pas à venir. Il me faut l’anticiper et faire quelques mouvements de crawl le long de ma planche pour me retrouver au bon endroit au bon moment, me faire pousser dans le creux de la vague. Alors je pourrais me lever, mettre mon pied gauche devant, mon pied droit derrière et me laisser glisser…

Ça c’est pour la théorie. La pratique se révèle nettement plus compliquée. Saisir l’instant, pas trop tôt pour ne pas couler avec la planche, pas trop tard pour ne pas louper la poussée. Ne pas se précipiter pour se tenir debout, ne pas se tromper de pied…

Il y a une chose qu’on ne m’a jamais dite sur le surf, le surf c’est dur…

Mais je ne désespère pas. Mes premiers pas se résument plus à du bodyboarding, allongé sur ma planche et me laissant glisser, qu’à du surf à proprement parlé. Après quelques bonnes grosses vagues prises de face, ou rouleaux se refermant sur ma planche et moi m’envoyant au fond de l’eau, je commence à m’y faire. Mes co-équipiers me regardent amusés, et me font le fameux signe des surfeurs pour me signifier un « cool buddy !! Have fun. »

Parfois ça ne dure que quelques secondes où j’arrive à me dresser sur ma planche poussé par une petite vague avant de chuter, mais Dieu que c’est bon… Sentiment de réussite, de plaisir. Je me marre tout seul dans mon coin, quand les autres sont loin derrière sur de plus grosses vagues, dans le Tube

Je ne sais pas combien de temps je suis resté dans l’eau, je dirais facilement deux heures, quand habituellement un débutant en a marre au bout d’une demi heure / trois quart d’heure.

Cette première fois aura été un vrai plaisir. Je m’en souviendrai.

Les surfs glissés dans le Van, on reprend notre route. Je suis épuisé. Il est bientôt 20h. Un poisson à faire fumer nous attend, Simon et moi. Et après ça, un gros dodo…