Ninety Mile Beach and Cape Reinga - Northland - New Zealand

Imaginez, pouvoir rouler à 100 km/h sur une plage d’environ 90 kilomètres 1, le long de la Mer Tasman en direction de la pointe nord de la Nouvelle-Zélande.

L’aventure était tentante. Les tours opérateurs le vendent de la sorte.

D’ailleurs, à mes amis frenchies en NZ qui ont une voiture, laissez-la de côté le temps d’une journée, et faites le circuit pour touristes en bus. 45 $NZ tout compris (même le déjeuner) avec Cape Runner (Harrison).

Aussi, je suis parti de bon matin de Kaitaia et suis monté dans ce bus tout terrain. Le chauffeur nous annonce d’emblée que nous allons faire le voyage aller par la Ninety Mile Beach. Oui parce qu’on ne peut pas la faire à n’importe quel moment, il faut surveiller les marées.

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Ninety Mile Beach and Cape Reinga – Northland © Julien Blavette

Et nous voilà, sur cette fameuse plage qui semble ne pas vouloir finir. Et comme depuis quasiment tous les jours depuis mon arrivée à Aotearoa (NZ, pays au long nuage blanc) le ciel est bleu et le soleil cogne.
Sur notre chemin, nous croisons un pingouin bleu qui, lui, semblait s’être perdu…

Longue balade à écouter le chauffeur parler, à essayer de comprendre ce qu’il raconte, comprendre ses blagues qui entraînent chez lui un grand éclat de rire une fois celles-ci terminées… J’avoue avoir préféré à un moment brancher mon iPod et me laisser bercer par mes musiques, observant le paysage, pensant à mon voyage, à ce que je vivais en ce moment…

Sandsurfing - Cape Reinga - Northland - New Zealand 008
Sandsurfing – Cape Reinga – © Julien Blavette

Une autre des raisons pour lesquelles je voulais faire ce petit road trip vers Cape Reinga en bus était que je pourrais m’adonner au sandsurfing !!
Cette fois, imaginez de grandes dunes de sable sur lesquelles dévaler la pente au moyen d’une luge ou d’un bodyboard

A faire. C’est marrant.

Mais épuisant. La montée est raide, et au bout de trois fois, on décroche…

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Ninety Mile Beach and Cape Reinga © Julien Blavette
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Ninety Mile Beach and Cape Reinga © Julien Blavette

Je poursuis ma route vers le Cape, cet endroit magique où l’Océan Pacifique rencontre la Mer Tasman. Les Maoris racontent que c’est de là que s’envolent les esprits pour rejoindre leur paradis. Quelque chose comme ça. Par mauvais temps, quand la mer est déchaînée, le point de rencontre vaut le coup d’œil parait-il. Ce jour, malheureusement (sic) la mer était calme. On pouvait toujours voir cette union des mers, mais elle était dirons-nous plus pacifique.

Néanmoins, belle sensation que de se trouver ici, l’océan à perte de vue. Les dunes de sables sur le flanc gauche, les falaises à tribord. Un panneau indique les distances vers chacune des grandes villes mondiales. Londres n’est qu’à 18 029 km. Paris n’est pas mentionnée. Et bizarrement, La Garenne-Colombes non plus. 😉
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C’est l’heure de prendre le chemin du retour, par la côte Est cette fois-ci, et avec un arrêt à Rawawa Beach, une belle plage de sable blanc très fin et une eau cristal clear

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Rawawa Beach © Julien Blavette

A peine arrivé chez mes hôtes que je reprends ma route. Mon séjour à Kaitaia n’aura duré qu’une nuit. J’écris un message sur le Livre d’Or de mes amis Couchsurfers. D’autres Français sont passés avant moi.

Un mot sur mes hôtes d’un soir. Des gens très généreux, au grand cœur. L’argent n’avait pas l’air d’être en abondance, ni d’être leur préoccupation majeure. Mais, et ça va faire très cliché ce que je vais dire, leur richesse était ailleurs. C’est marrant la vie, les gens qu’on rencontre. Je pense qu’il y a quelques temps encore, j’aurais pu avoir des préjugés sur eux, et j’avoue même m’être demandé l’espace d’une seconde où j’étais tombé. Tout ça s’est vite effacé.

J’apprends beaucoup. Sur les autres, sur moi-même. L’impression de passer une certaine étape, d’avoir l’esprit tel une fenêtre grande ouverte sur le monde. C’est le Saturn return me dit-on. Je ne sais pas. La seule chose que je sais, c’est que ma vie d’avant commence à me paraître bien loin maintenant.

Mais j’aime ça…

  1. 57 miles en fait, et pas 90 miles comme le laisse entendre le nom de la plage