Sur mon tracteur - The Welcome Swallow - Matauri Bay 011

Je continue de monter au Nord, pour atteindre bientôt Cape Reinga, la pointe de North Island où se rencontrent la Mer Tasman et l’Océan Pacifique.

Sur mon tracteur - The Welcome Swallow - Matauri Bay
Sur mon tracteur – The Welcome Swallow – Matauri Bay

Je suis arrivé mercredi après midi à Kaeo, par bus. Un nouveau Wwoof commence chez Emma et Jason, deux anglais de 32 ans qui viennent d’acheter un grand camping-backpacker et qui m’ont contacté récemment pour que je vienne leur filer un coup de main dans l’entretien de celui-ci.

On est loin des fermes organiques et du Wwoof à proprement parler.

Mais le terrain est vaste et a besoin d’être entretenu.

Vue depuis ma chambre au The welcome swallow - Matauri Bay - New Zealand
Vue depuis ma chambre au The welcome swallow

C’est une très grande propriété, et le bâtiment principal surplombe le camping, la vallée et sa végétation subtropicale. Ce qui fait que j’ai parfois plus l’impression d’être en Colombie, dans une « datcha » de trafiquants de drogue qu’en Nouvelle-Zélande. En parlant de drogue, un hélico a fait sa ronde annuelle l’autre jour. Jason m’expliquait que les autorités survolent la région pour voir si personne ne s’adonne à la culture de marijuana, bio forcément… 😉

Bref, pour le moment peu de monde arrivé au The Welcome Swallow. C’est encore récent. Alors qu’Emma peaufine la déco dans le living room, Jason, les autres Wwoofers et moi nous occupons des tâches plus physiques ou plus techniques.

Oui je dis les autres Wwoofers car cette fois-ci je ne suis pas le seul. Et heureusement car la tâche est grande.

Making Of de la photo de Mickael pour sa soeurIl y a Mickael, un Allemand (de l’Est, détail qui a son importance, vous allez comprendre…) arrivé quelques jours avant moi et qui repart dimanche. Et il y avait Klaudia, elle, allemande de l’Ouest, et entre les deux ce fut un peu la guerre froide aux grandes heures ! Je ne pensais pas que subsisteraient encore quelques clivages. Mais quand il m’a sorti « arghh les allemandes de l’Ouest… ». Différences culturelles. Cependant rien de bien méchant qui ne mérite de généraliser. C’est juste qu’il ne l’aimait pas, et je vous passe les raisons… 😉

Alors que mon collègue d’outre-rhin va reprendre sa route, me rejoindront bientôt Lydia, une canadienne, et Mickael, anglais cette fois.

Sur mon tracteur - The Welcome Swallow - Matauri Bay
Sur mon tracteur – The Welcome Swallow – Matauri Bay

Ici point de crottes de cheval à ramasser. Mon boulot consiste à débroussailler, à retirer les mauvaises herbes. Enfin retirer, je devrais plutôt anéantir. Car si dans mon 1er Wwoof, il ne s’agissait que de quelques gorses (les mauvaises herbes) par-ci par-là, ici ce sont de véritables forêts de mauvaises herbes. Du coup, j’y vais à grands coups de machettes et de scie pour exterminer tout ça avant qu’elles ne fleurissent et ne se répandent davantage.
Working Day at the Welcome Swallow- Matauri Bay 007
Puis, et c’est là que ça devient plus intéressant, je prends le Van et sa remorque pour emmener tout ça près du tracteur et sa broyeuse. J’ai eu le droit à un cours de pilotage de tracteur. C’est pas si simple de conduire et de broyer en même temps, mais c’est fun…

The welcome swallow - Mickael and I - Matauri bay - New Zealand
The welcome swallow – Mickael and I

Autre Wwoof autre façon de faire, pas de dîner le soir en commun avec les proprios. C’est comme dans les Backpapackers, on se fait notre bouffe nous-mêmes (gratuitement bien sûr), et pour le moment toujours en commun avec Mickael. Sympa. Les conversations avec aussi.

Autre différence, je ne bosse que 4h par jour et d’une traite, de 9h à 13h, précédées d’une petite réunion de travail avec Emma et Jason, où chacun se voit attribuer sa mission du jour. Après, j’ai tout l’après midi de libre.

Matauri Bay - New Zealand
Matauri Bay – New Zealand

L’autre jour, Jason nous a emmenés à la plage, à Matauri Bay, où repose désormais le Rainbow Warrior.

Je la fais courte pour ceux qui ne connaissent pas, ou mal, cette tragique histoire franco-néo-zélandaise. En 1985, la France procède à des essais nucléaires dans l’océan pacifique. Greenpeace s’apprête à rendre visite, courtoise comme toujours, 1 aux artificiers français dans l’atoll de Mururoa. Son bateau, le Rainbow Warrior donc, est à quai dans Auckland, quand en pleine nuit, des espions français, les faux-époux Turenge, font sauter le navire. Première explosion. OK (0 Killed). Seconde explosion. Un mort, un photographe portugais. Touché coulé, le navire est fond de l’eau. Bref, grande histoire, polémique et tout le toutim… le Rainbow Warrior sera ensuite remonté et déplacé dans Matauri bay, à Motutapere Island, à plus de 22m de fond.

C’est donc là que nous nous sommes baignés et avons fait du snorkeling. What that ? Un grand mot pour dire qu’on a fait de la plongée avec seulement un masque et un tuba pour admirer les petits poissons… 2

Bref c’est un des plaisirs que m’offre ce nouveau job. Ça et le jacuzzi, dehors le soir à mater les étoiles…
Et peut être aussi bientôt une partie de pêche, suivie d’un feu de camp, dès qu’ils auront levé l’interdiction (trop sec, il n’a pas plu depuis bien longtemps dans la région…).

Je parlais d’Emma et de sa déco. Elle accroche ici ou là des cadres avec de belles phrases, telles celles qui pourrissent nos boites emails 3 par leur côté cul-cul la praline, mais qui là me dérangent moins. Et j’ai retenu celle-ci :

“Love the life you live and you will live a life of love » 4

C’est bien parti alors… 😉

  1. Oui oui c’est ironique…pardon pour mon amie greenpeaçoise…^^’
  2. Évidemment on n’a pas plongé près de l’épave du Rainbow… 22m de profondeur avec pour seul matériel un masque et un tuba, ça serait chaud, à moins de s’appeler feu Jacques Mayol…
  3. A ce sujet, merci de me retirer de vos chaînes, pour ceux qui le feraient encore, ça me saoule grave !
  4. Aime la vie que tu mènes, et tu mèneras une vie d’amour