C’est une drôle de coïncidence. Alors que j’avais décidé de mettre le nouveau titre de Saez, J’accuse,  comme  musique du samedi, je lis sur Rue89 que sa campagne pub pour son dernier album et son concert à Paris vient d’être censurée dans le métro.

La raison ? Une affiche photo (de Jean-Baptiste Mondino) qui n’est pas au goût de tout le monde, au motif que :

« ce visuel présente un caractère dégradant pour l’image de la femme, dans la mesure où elle apparaît nue, et, qui plus est, dans un chariot de supermarché, donc comme une marchandise. »

Saez - J'accuse

Vous ne verrez pas non plus dans nos chers couloirs de métro la nouvelle affiche de Saez qui critiquait cette censure.

Saez - Censuré - J'accuse

L’artiste a publié sur son site une réponse à cette censure, et explique le message qu’il a voulu faire passer à travers cette image de la femme assise nue dans un caddie.

Et je dois dire que je comprends assez sa position. Il y va certes un peu fort mais c’est le but non ? Tout comme la campagne choc anti-tabac. Le but est de choquer, d’interpeller, de faire réagir. Après on viendra se plaindre que nos pubs sont nulles, qu’elles manquent d’originalité. Je ne vois pas ce qu’il y a de plus choquant dans cette pub que dans celles où l’on voit des femmes nues manger des yaourts. Je ne vois pas ce qu’il y a de plus choquant sur cette photo que sur celles photoshopées de nos grands magazines de mode (ou même d’actu) nous vendant un certain modèle de femmes.

Moi, j’aime cette affiche.

Une fois encore Saez s’insurge, provoque, tape là où ça fait mal.

Une fois encore Saez revendique son côté marginal, original, dans un monde (musical) aseptisé.

Et pour en revenir à sa musique, à l’objet premier de cette note, Saez nous offre une fois encore son dernier titre en téléchargement gratuit sur son site. Comme pour mieux nous faire patienter la sortie de son nouvel album à la fin du mois. Encore une fois, j’applaudis la démarche. Et une fois encore, j’apprécie sa musique, son texte.

Avec la polémique naissante sur sa campagne promo, les paroles de J’accuse trouvent un écho supplémentaire. Criantes dé vérité, d’actualité. Cela me fait penser qu’il y a un an, et bien qu’à l’étranger, je suivais l’artiste dépoussiérer les Victoires de la Musique et dénoncer les profits de Total et la situation sociale de l’entreprise.

Saez trouve toujours les mots pour dénoncer nos maux.

Mais je crois que ce que j’apprécie tout autant que ses textes et musiques, ou que son côté gueulard, grognon, c’est que bien qu’indépendant, en marge des Majors, ses concerts sont pleins, ses disques cartonnent, sans qu’il ait besoin de venir se vendre (d’autres diraient faire sa pute) sur les plateaux télé tout en déversant des propos miéleux, plein de bons sentiments, en nous disant pour qui voter ou ne pas voter, comme malheureusement beaucoup d’autres le font, se croyant investi d’une mission.

Pour conclure, je voulais finir avec les paroles de J’accuse mais mon billet est déjà suffisamment long, et je suis sûr que vous écouterez attentivement au moins une fois cette musique du samedi.

J’attends l’album avec impatience, Mais surtout, son concert au Zénith de Paris. Ce sera pour moi une première.

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Saez – J’accuse