On ne nous mentait pas ! Une fois Arthur’s Pass franchi, c’est comme si nous arrivions dans un autre pays. Encore. Plus de plaine désertique à la végétation rase où ne poussent que des tussocks et avec en toile de fond les Southern Alps. Cette fois elles étaient dans notre dos, et la végétation luxuriante, les fougères arborescentes contrastaient dès lors avec ce que nous voyions depuis quelques jours. Je ne crois pas avoir déjà visité un pays où les paysages changent sur de si courtes distances.
Arthur’s Pass est une très petite ville. Les villes en Nouvelle-Zélande ne sont déjà pas très grandes alors je vous laisse imaginer ce qu’est une très petite ville. 50 habitants à tout casser. Mais un backpacker, une station de train et des Kéa. Le Kéa est un perroquet vert olive, considéré comme un des plus intelligents selon de récentes études, et surtout il ne craint pas l’homme. L’arrivée d’un nouveau Van au bord de la route a attiré leur attention et en très peu de temps, ils étaient au moins 4 ou 5 à nous encercler ! Et de nuit, ça peut être un peu scary quand même ! Bon on se rendra vite compte qu’ils étaient plus intéressés à picorer les joints des vitres de la voiture ou les pneus qu’à nous donner des coups de bec.
La route nous a ensuite conduit à Moana, au Lake Brunner, puis on a longé de nombreux villages qui furent un temps très prisés et qui aujourd’hui sont quasi des villes fantômes avec pour vestiges leurs anciennes mines d’or.
On a passé la nuit à Murchison. Une fois encore, très petite bourgade mais dont le backpacker nous a vraiment plu. Le mieux que j’ai vu depuis mon arrivée au pays des kiwis. Une petite maison au bord de route, agréablement accueilli par un couple d’anglais, très vite réchauffé par le poêle qui trônait au centre de la pièce, entre le petit séjour cosy, la cuisine américaine bien équipée et même rassasié à la fin du repas par un muffin aux fruits gentiment offert. Et je ne parle même pas des chambres avec leurs lits aux matelas chauffants. Un must en cette période hivernale !! J’y serai bien resté quelques jours, juste pour chill out, à me reposer dans le sofa…Toutefois la ville ne présentait guère d’intérêt…si ce n’est d’être aux Portes de la Moria.
Lord of the Rings, nous revoilà. Cette fois, il ne s’agit plus du Rohan et des Rohirrim mais du pays des Nains !! On s’est donc aventuré l’espace de quelques heures dans ce nouveau décor. Seigneur des Anneaux ou pas, le lieu était joli. La fraicheur de la nuit transparaissait encore, certaines flancs de collines étaient encore blanchis par le gel, alors que d’autres étaient redevenus bien verts avec l’aide du soleil. Paysage blanc et vert. Et au milieu coule une rivière.
Et cette dernière nous en aura fait baver. Après quelques temps de marche, les flèches oranges qui balisent le chemin nous indiquent qu’il faut traverser la rivière. Galère. Pas de pont, pas de gros rochers sur lesquels poser son pied. On cherche par tout moyen à éviter de se mouiller. Un arbre bien penché au dessus de la rivière et quelques rochers m’aideront. Il a fallu jouer les acrobates sur cet arbre et ces rochers gelés et glissants, mais j’ai réussi. Je retrouve Yann plus loin qui a pris un autre passage. Ouf on est passé. Et bientôt rebelote. Comme si la rivière (ou le DoC 1 ) se jouait de nous, il nous faut la retraverser. Cette fois-ci, on ne peut faire autrement que retirer nos chaussures et chaussettes. Et bien évidemment, l’eau est plus que froide. Si seulement c’était la fin… la troisième fois que nous devons franchir la rivière, je retire également le jean, la rivière étant plus profonde. La quatrième fois, marre de devoir retirer mes chaussures et chaussettes je tente de passer par de grandes enjambées sur des rochers… C’était avant le drame. Plouf ! Ce que je cherchais à éviter depuis le début est arrivé : j’ai les pieds (et chaussures) complètement mouillés. La cinquième et dernière fois, alors que Yann rebrousse chemin devant ce dernier qui n’en finit pas de nous faire des zigzags autour de la rivière, j’y vais franchement ! Mouillé pour mouillé…
Je continue seul mon chemin. Oui je sais ce n’est pas très raisonnable de partir seul, sait-on jamais. Cette fois plus de rivière, mais de la montée vers le Mont Owen et les Portes de la Moria…que je ne verrais finalement pas. L’heure tournant et le soleil se couchant tout aussi vite, je fais demi-tour sans savoir s’il me restait 100m, 500m ou 3km avant de voir ce que j’étais venu chercher. C’est aussi ça la rando selon Julien, partir sans carte. A l’arrache.
Étrangement le chemin du retour est plus rapide. Les cinq traversées de rivières ne me prennent plus que quelques secondes à chaque fois… La balade fut chouette. Froide mais chouette.
Une fois réchauffé par un bon café, et vêtu d’affaires propres et sèches, nous voilà repartis vers le nord (de l’île du Sud, vous suivez toujours ?), vers Nelson, où nous squatteront un bar pour voir le match All Blacks France, la revanche. C’est aussi le retour aux nuits fraîches dans le van. Et à un réveil en sursaut à 7h du mat’ quand un type nous informe qu’on ne peut pas dormir là, et que la fourrière va bientôt arriver. Eh merde !! Et ce Van qui a besoin qu’on le pousse le matin pour décoller… Je ne me vois pas sortir à cet instant de mon duvet… heureusement le Van démarre du premier coup et Yann nous condit sur la plage, pendant que moi, je pionce encore à l’arrière, du moins j’essaye, quand les virages ou coups de freins ne me font pas valser… Ptit déj au bord de la plage Tahunanui.
Derniers jours passés avec mon ami Yann, après presque 3 semaines ensemble (depuis Wellington). Chouette road trip.
Il s’en va faire du Wwoofing dans une communauté de Chrétiens pacifistes (ne riez pas ^^), quand moi je me prépare à faire deux jours de kayak/trek dans l’Abel Tasman National Park.
- Department of Conservation ↩
A lire aussi
Si vous avez aimé ce billet, n'hésitez pas à vous abonner à mon flux
Si vous avez aimé ce billet, n'hésitez pas à vous abonner à mon flux











Pourquoi ne pas laisser un commentaire?