Alors c’est vrai, ces derniers temps je n’ai pas trop écrit. Manque de temps, parfois d’envie, parfois les deux.

Petit retour en arrière et en images sur ces deux dernières semaines de vacances travail.

Après Milford Sound dont je vous avais raconté la croisière dans les fjords, j’ai passé quelques jours à Te Anau et Manapouri, tout deux situées au bord d’un grand lac éponyme, et me suis fait offert une seconde croisière, plus longue cette fois, sur Doubtuful Sound. J’aurais aimé faire une croisière de nuit, en dinant et dormant à bord, mais il fallait mettre au bout, et quand bien même c’était pas grand chose, j’ai opté pour la diurne. Balade très intéressante dans un fiord beaucoup plus grand que le précédent et surtout plus difficile d’accès. Il faut prendre un premier bateau pour traverser le lac Manapouri, puis un car pour rejoindre le fjord.

Doubtful Sound - Fiordland NP - South Island - New Zealand

Dans le tarif de l’excursion est inclus la visite de la centrale hydroélectrique, construite dans les années 60-70, pour alimenter la fonderie 200 km plus au sud, à Bluff, très gourmande en électricité et que seul un barrage pouvait alimenter. Seulement dans les projets de départs, qui dit barrage dit élévation du niveau du lac Manapouri et donc submersion des petites îles et de la flore bordant le lac. 265 000 citoyens néo-zélandais signent une pétition contre le projet prévu. La conscience écologique de la Nouvelle-Zélande était née1. Le projet est revu… à la baisse, puisque la barrage sera souterrain avec un tuyau de 10m de diamètre reliant le fjord au lac (10km). Mais les erreurs de calculs (pression, frottement, tout ça quoi…) font qu’un tuyau n’est pas suffisant, et un deuxième est construit et la centrale ne tournera à plein régime qu’au début des années…2000 ! Voilà pour la petite histoire. Tout ça pour dire que je suis descendu à 40m sous terre pour visiter les turbines.

Les jours suivants je suis descendu le long du Fiordland National Park pour atteindre l’extrémité sud de la Nouvelle-Zélande. Du moins de l’île du Sud, car Stewart Island est l’extrémité, mais je ne couvre pas cette zone et je n’aurais malheureusement pas l’occasion de la visiter, juste de la voir au large des côtes de l’île du Sud. Je suis donc passé par de nombreux petits bleds perdus, certains rivalisant par leur côté kitsch. souvenez-vous, je vous disais dans une note que les villes de NZ aimaient bien s’autoproclamer « Capitale de ». A Tuatapere, j’ai donc eu la chance inouïe, un truc qui n’arrive qu’une fois dans une vie, de traverser la capitale mondiale de la saucisse !!! Strasbourg et Francfort n’ont qu’à bien se tenir. Le côté kitsch de l’appellation pourrait suffire, mais non, il a fallu qu’ils poussent le bouchon jusqu’au panneau d’entrée dans la ville :

Tuatapere - Southland - South Island - New Zealand 001

Pour les fans de South Park, moi ça me fait penser à autre chose cette saucisse…
Plus loin ce sera Gore et sa grosse truite qui prendront le relais !

Gore - Southland - Southland - New Zealand

Heureusement entre deux, on pénètre dans des petits coins sympas, complètements isolés. Un m’a bien plu : Cosy Nook. Un petit village, non même pas en fait, deux trois maisons et bateaux de pêche sur une côte de rochers. Le tout avait des allures de vieux port de pêche irlandais ou écossais.

Cosy Nook - Southland - South Island - New Zealand 003

Après ce séjour dans le sud, j’ai entrepris ma remontée vers le nord où je finirais ma mission dans deux mois. Arrêt de quelques jours à Cromwell, ville qui jadis connu un développement grâce à l’or. Mais le filon épuisé, c’est vers les vignes et les vergers plantés pour subvenir au départ aux besoins des chercheurs qui donnent une nouvelle vie au village, aujourd’hui dans une région réputée pour son vin, le Pinot Noir. La ville ne présente que peu d’intérêt touristique si ce n’est le Vieux Cromwell, reconstitué plus bas au bord du lac…artificiel. En effet, ce dernier a été construit par l’homme pour alimenter la centrale hydro-électrique de Clyde, 10 km plus au sud. Cette fois, les riverains, fermiers…n’ont pas eu gain de cause et la rivière Clutha fut élevée de plusieurs dizaines de mètres, et le lac Dunstan créé, engloutissant la vieille ville de Cromwell.

Cromwell - Old Cromwell - Otago - South Island - New Zealand 001

D’ailleurs quand je vous disais que le « 100% Green » de la Nouvelle-Zélande était parfois plus une image destinée au tourisme qu’une réalité, le barrage et les lacs en sont une bonne illustration. Je m’explique. Un jour, sur les bords du Lake Wanaka, un gars a eu la brillante idée d’y laver son aquarium, déposant par la même occasion une algue. Celle-ci s’est depuis développée, et crèche sur les bords du lac. Je vous rassure, rien de bien méchant pour l’homme…sinon pour l’économie. L’algue est en effet gourmande en eau, autant d’eau qui n’arrive pas au barrage de Clyde, qui ne produit pas autant qu’il devrait. Le gouvernement et les autorités locales ont pris la bête par les cornes, et déversent régulièrement nombre de tonnes de pesticide dans le Lake Wanaka pour éradiquer l’algue… Évidemment ils se défendent de tout effet nocif pour l’homme, dont l’eau qu’il boit au robinet à Wanaka provient…du lac. Bref, 100% Green…pas toujours.

Wanaka - Lake Wanaka - Otago - South Island - New Zealand

J’ai donc fait un saut à Wanaka (balaise le jeu de mot non ? ^^) de quelques jours où j’ai eu la chance, outre le saut en chute libre (si t’as toujours pas compris le jeu de mot, je ne peux rien pour toi…), d’avoir accès gratuitement à tous les musées, celui des pilotes d’avion de combats, celui des jouets et des transports et enfin celui des illusions. Le musée des jouets et des transports est un joyeux bordel où sont entreposés des milliers et des milliers de jouets de toute époque, des petits soldats à Harry Potter en passant par Star Wars ou Barbie, et ce, à côté des vieilles voitures, motos, avions, camions de pompiers…Bref il y en a partout.

Wanaka - Toy & Trasnport - Otago - South Island - New Zealand

J’ai aussi profiter de mon passage dans le coin pour aller voir le célèbre Cardrona Hotel. Célèbre non pas pour ses plats, son service ou que sais-je encore, mais pour être l’effigie d’une marque de bière locale, la Speights,  et ainsi le symbole à lui tout seul de ces contrées perdues de Nouvelle-Zélande. La photo de cet hôtel au crépuscule avec des moutons traversant la route a fait le tour de…Nouvelle-Zélande (ne nous avançons pas trop). La Speights est une institution ici. La fierté du Sud (Pride of the South est son slogan) mais aujourd’hui entre les mains d’une société nippone.

Wanaka - Cardona Hotel - Otago - South Island - New Zealand

Mon chemin m’a ensuite mené sur la côte ouest, de l’autre côté des Southern Alps, où la végétation n’est plus la même. Et pour cause, on enregistre sur cette partie de Nouvelle-Zélande des précipitations allant jusqu’à 8m par an ! La bonne nouvelle, c’est que le climat change très vite. Aussi, il fait beau, pleut, fait beau, pleut…Parfois plusieurs fois par jour. Bon parfois, il ne fait que pleuvoir, avec des nuages très bas, et une brume qui donne des allures mystiques aux villages traversés. Le premier d’entre eux Haast, plus une communauté de communes qu’une commune. Et là je dois me confesser d’une chose terrible. Mon premier homicide. Enfin je crois. Je n’ai pas retrouvé le corps.

Haast Beach - Sunset - West Coast - South Island - New Zealand

Je roulais paisiblement, quoiqu’un peu vite, quand je le vois au milieu de la route. Je lâche l’accélérateur, sans toutefois freiner. Mais il ne bouge pas et reste là à me regarder comme s’il avait décidé d’en finir. Je m’écarte du bord pour tenter de l’éviter, mais décidé, il va où je vais. Puis, surement pris de doutes, il décide qu’il n’est peut être pas temps d’en finir et tente de s’écarter. Trop tard. Il se mange mon pare brise. Et moi, je tue mon premier canard sauvage.
Enfin, je n’en suis pas sûr. Plus tard dans la soirée, en revenant sur mes pas, ou plutôt sur les lieux du crime…, plus rien. Pas de trace. Il reste en moi cette lueur d’espoir que ce gentil canard ait finalement réussi à s’envoler, n’ayant qu’une vilaine bosse à la tête…

De Haast, je suis redescendu 50km vers le sud, à Jackson’s Bay, le dernier village de la côte ouest. Après plus de route, c’est le Fiordland National Park.

The end of the road ?

De là je voulais voir sur les fameux pingouins à la crête jaune aux dessus des yeux…mais waoulou, que dalle, niet, nada, nothing… Ah ces pingouins, heureusement que j’en ai vu deux dans le parc national, sinon je penserai que c’est encore un coup de pub pour nous faire visiter le pays, une légende urbaine. Mais j’en ai vu deux nager et un…écrasé sur la route. Eh oui, la NZ c’est le seul pays je crois où je pourrais voir ça ! Pourtant, comme à Oamaru, un panneau disait de faire attention. (Mais rien sur les canards…:p )

Voili voilou pour ces quelques jours dans le Sud et sur la côte Ouest de la Nouvelle-Zélande. Demain (ou plus tard), je vous raconterai mes jours dans la région des glaciers…

En attendant, je conclus avec ce petit montage fait maison.

Comes and Goes (in waves)

PS : une note bien longue quand même…qui ravira la plus belle de toute que j’aime même si elle ne fait que survoler ces quelques notes à chaque fois. Promis chérie, la prochaine fois il n’y aura que des images…ou pas !

  1. L’image d’un pays super green est toutefois malheureusement faussée sur bien d’autres sujets, mais on y reviendra plus tard