Il y a des jours, ou plutôt des soirs, comme ça où je peine à émerger au boulot, où l’envie n’est pas là, où l’esprit est ailleurs.

Milk & Honey - Napier - New Zealand 001

Cet ailleurs est notamment dans l’île du sud que je vais bientôt rejoindre. Plus qu’une semaine à Napier et je reprends la route, comme au début. Cette fois, j’avais essayé de planifier un peu plus mes déplacements, mes boulots dans les fermes (Wwoofing), et puis comme toujours, je bouscule mes plans, au profit d’un rendez-vous à Auckland pour une mission, un job auquel je tiens vraiment. Je vous l’expliquerai bientôt, pour ceux qui ne seraient pas déjà au courant.

Plans également bousculés puisque le 13 juin, je serai à Dunedin pour aller voir le match de rugby All Blacks France, au Carisbrook Stadium. Je me suis réveillé tard, et c’est grâce au statut Facebook d’une des bichettes toulousaines que j’ai appris la tenue de ce match. Je ne pouvais pas passer à côté d’un tel rendez-vous, d’un tel match, deux ans avant la Coupe du Monde de Rugby en Nouvelle-Zélande1. Alors pour ça, j’ai changé mes plans. Je ne pensais pas descendre à Dunedin, au sud de South Island, si tôt. Je pensais rester dans la région des Malborough Sounds et d’Abel Tasman National Park jusqu’en juillet.

Ce sont donc notamment tous ces petits changements, cette excitation de reprendre la route, de repartir à l’aventure, de voir mes plans rebousculés jour après jour, qui ont fait qu’hier soir au restaurant, j’étais ailleurs.

Dans ces moments là, je ne souhaite qu’une chose : être au bar, ou plutôt derrière, à servir les vins, les bières, les cafés, à polir les verres et les couverts. C’est un peu la planque. Je me souviens d’un soir où mes collègues m’enviaient : le resto était plein, et chacun avait un secteur. Elles, avaient leurs tables, et moi, la Manager m’avait refilé le Bar. C’est ça qui est bien d’avoir appris à faire les Mojitos, Gin Tonic, ou encore les différents cafés, Flat White, Latte, Moccacino…

Alors hier soir, discrètement, j’ai pris position au bar. Et puis, entre des Brandy que je préparais pour une grande table, ce couple est arrivé et s’est assis au bar. Un verre d’Eradus Sauvignon blanc pour lui, un Tia Maria dans un shot glass avec de la crème au dessus pour elle. Beautiful me dit-elle en voyant le verre que je lui sers. Et puis on a commencé à parler.

Les échanges classiques du début ont lancé la conversation. Ils s’étonnent que je sois Français, de par mon look et aussi de mon accent. Il me dit que mon anglais est bon et surtout que mon accent est un peu moins « Bla bla bla »2 que les autres frenchies. 😉 Enfin pour moi, mon accent est toujours un peu trop Frenchie, mais paraît-il ça plaît…^^

Et ça papaute et ça papaute, pendant que mes deux collègues servent les autres clients. Et là, dans la discussion, il me dit qu’il parle japonais. « Ha so desuka« 3 Je lui dis dès lors que moi aussi je parle japonais, du moins qu’il me reste quelques bribes des ces cours au lycée puis à l’université. On parle Japon, Osaka, Kobé… Il remplace peu à peu les quelques mots de français qu’il me glissait ici ou là par des expressions nippones. Ca me fait plaisir. Je l’aime bien ce couple quinqua qui s’est posé devant moi. L’échange qu’on a eu m’a quelque peu sorti de mes nuages, m’a remis d’aplomb. Ma collègue Pauline s’est jointe à la discussion, quand décidé à bosser un peu, je suis reparti en salle.

Contents de leur soirée, et du plat d’Antipasti offert ^^, ils ont décidé de revenir ce soir, pour dîner cette fois. Et Ahuriri, quartier de Napier, leur a tellement plu, qu’ils ont même migré d’hôtel pour venir dormir au Crown Hotel, qui se situe au dessus du resto.

Ce fut agréable d’avoir cette conversation, de pousser plus loin que les classiques « d’où viens-tu? » « de quelle ville en France? » qui ne sont que trop rarement suivis d’un vrai échange…

  1. La France jouera d’ailleurs ses matchs à Napier, si j’ai bien compris
  2. Façon qu’ils ont d’imiter les Français
  3. « ah oui…? » ndlr