A l’heure où j’écris ces quelques notes, je patiente à l’aéroport de Paris Roissy Charles-de-Gaulle. Comme un clin d’œil du destin, l’avion qui doit m’emmener à l’autre bout de la planète a du retard. Comme en janvier, le jour où je suis parti pour la première fois. Cette fois-ci, la météo et la neige n’y sont pour rien.

Et dire que j’étais tout content de ne pouvoir arriver que 90 minutes avant le décollage, au lieu des désormais 3 heures. J’ai eu la bonne idée d’imprimer ma carte d’embarquement online et ainsi passer devant tout le monde au comptoir d’enregistrement au guichet prévu à cet effet. Petite victoire.

Il est 22h30 et mon vol pour Dubaï ne décollera pas avant 23h45, au mieux. Demain, je passe la journée dans la ville émiratie. Une journée dans la ville synonyme de luxe, d’exubérance, de pétrole, des riches de ce monde. Une journée de balade, de musée à ciel ouvert : c’est ce qu’il y a de moins cher pour moi routard.

J’ai bien évidemment pris soin de vérifier que je pouvais débarquer aux Émirats Arabes Unis. Mon passeport français suffit. Et n’ayant pas visité Israël ces dernières années, mon passeport est toujours valable. Comme pour le Liban, un simple tampon du pays d’Abraham m’aurait empêché l’entrée sur le territoire des rois du désert. C’est ainsi.

A 3h du matin mercredi, je m’envolerai pour la suite de mon périple vers Bangkok. Là encore une longue escale me permettra peut être un arrêt dans la ville thaïlandaise. 7h d’escale. Je devrais pouvoir faire un saut, et avoir un premier aperçu de l’Asie du Sud Est, avant qui sait d’y revenir dans quelques années. Ma maman est inquiète de cet arrêt. Les récits de Français arrêtés, parfois injustement, à la douane n’aident pas. N’étant pas consommateur de drogues et encore moins distributeur, et n’acceptant pas de sacs d’inconnus, tout devrait bien se passer…

De Bangkok, je gagnerai Christchurch après avoir fait un stop à Sydney. Un mois après avoir quitté le sol et l’hiver néo-zélandais, je les retrouve donc…
Un mois qui est passé vite. Un mois de vacances. Oui je sais c’est étonnant pour vous que je dise cela. Je suis depuis au moins janvier en vacances. Mais pour moi c’était des vacances au sens où pendant un mois ma tête s’est reposée, sans avoir à chercher où je dormirai le soir, ce que je ferai le lendemain, et le surlendemain… sans stress quoi. C’est du bon stress certes, mais du stress quand même. Je ne me plains pas, je vous rassure. Je vous dis juste que pendant un mois je me suis posé, et même reposé.
Un mois pendant lequel j’ai pu profiter de ma famille, de mes amis, et de celle qui depuis quelques mois occupe une place importante dans mon cœur.

Ce mois de pause dans mon périple m’a fait du bien. Il m’a requinqué pour les cinq mois à venir. Ça m’a fait plaisir de vous voir, de pouvoir discuter de vive voix avec vous, autour d’un déjeuner, d’un dîner. Et ceux que je n’ai pu voir, j’ai pu vous lire plus assidument, tchater sur Facebook, Twitter, MSN… ou à l’ancienne, par téléphone. ^^

Je vous le disais à mon retour sur Paris, l’impression de n’être jamais parti s’est faite ressentir. Et passés les bons côtés de mon beau pays, j’ai retrouvé celui que j’avais quelque part fuis en ce début d’année. J’ai parfois été choqué : prise d’otages de cadres dans les entreprises, menaces de faire sauter ces dernières au gaz, la surmédiatisation de la crise et du pouvoir d’achat, ou du moins du vouloir d’achat. Je me dis que certains devraient voyager un peu plus, s’ouvrir sur le monde extérieur, relativiser un peu plus leur vie, et le niveau de celui-ci.

Je n’écris pas ces notes à des fins politiques ou pour donner des leçons. C’est juste que parfois, je me demande si je pourrais revenir. Non pas physiquement, mais psychologiquement, en France, dans cette vie. Que faire ? Que faire après un an de vie sabbatique, un an d’ouverture sur le monde, un an de voyages, de découvertes, de nouvelles expériences…
Le retour sera difficile je pense. Ou non. Peut être que le plus difficile était de quitter tout ça. Peut être que le fait de revenir et de repartir à zéro me donnera l’opportunité de faire ce que je veux, ce que je veux vraiment. Peut être que le plus difficile sera pour les autres de l’accepter. Certaines discussions que j’ai pu avoir avec quelques uns d’entre vous (et ils se reconnaîtront) me poussent à le penser et à y aller…

Bref, on n’y est pas. J’ai encore 5 mois devant moi de réflexions, pour voir venir et prendre ma décision, la bonne forcément.

D’ici là, New Zealand I’m coming back !!

NB : note postée depuis l’aéroport de Dubaï. Merci le Wifi gratos (CDG prends en de la graine) et merci de penser aux étrangers avec les prises adaptées…
Dans la prochaine note, je vous raconterai mes péripéties de ma journée à Dubaï…